La fonction garde-côtes

Elle existe officiellement depuis le décret du 22 juillet 2010, dotée d’un comité directeur et d’un centre opérationnel placé sous l’autorité du premier ministre et dirigé par le Secrétariat général de la mer.

Localement, c’est le préfet maritime de chaque région qui dirige les entités qui la composent :

-Marine nationale

-Gendarmerie maritime

-Douanes

-Affaires maritimes

-Police nationale

-Gendarmerie nationale

-Sécurité civile

On notera un grand absent : le remorquage/sauvetage de haute mer, sous-traité à Bourbon par la Marine Nationale.

Mais pour l’instant, elle n’est que théorique, chaque entité semblant plutôt agir en ordre dispersé, utilisant séparément ses propres moyens.

Nous sommes bien loin d’un corps homogène…

De toutes façons, c’est pour l’instant encore un peu l’Arlésienne !

Pourtant, on ne peut qu’y gagner ; l’union fait la force, c’est bien connu. Il est évident que la synergie produite ne pourrait être que bénéfique.

Petit « plus » : il y aurait un interlocuteur unique pour l’AMVER.

 

Voyons un peu ce qui se passe ailleurs :

De plus en plus de pays ont une garde côtière, tels le Canada, qui dépend des Pêches et Océans*, les États-Unis*, où la Coast Guard est contrôlée par le ministère de l’intérieur (U.S. Dept. of Homeland Security), l’Italie, avec une Guardia Costiera sous le contrôle du ministère des transports, etc.

*le Canada et les États-Unis ont même une école de formation.

Cependant, leurs attributions sont assez variées et seuls les États-Unis cumulent toutes les fonctions, à l’exception du sauvetage (les garde-côtes ne disposent que de petits remorqueurs, mais pas d’unités de haute mer).

 

Si en France, le principe d’unir les différentes parties concernées est acquis, nous sommes encore très loin d’un corps unique, chacun craignant que l’unification des moyens ne se fasse à son détriment.

Et comme nous n’avons pas de ministre ou de haut fonctionnaire prêt à décider de la mise en route effective d’une Garde côtière, les choses pourraient bien rester statiques encore bien longtemps. En fait, ce qui nous fait défaut, c’est la volonté d’y arriver. Après tout, c’est bien de chez nous. Qui, « en haut lieu », aura le courage de mettre le poing sur la table ? On rassemble les wagons, mais il n’y a pas de locomotive…

 

Et pourtant, la création d’un tel  corps ne tient pas de la gageure :

Une étude préliminaire pourrait déterminer les moyens requis, tant en personnels qu’en matériel en analysant les interventions des différents services au cours des trois dernières années : bateaux et aéronefs, heures de vol ou de mer, carburant consommé, masse salariale concernée.

Ces éléments serviraient à déterminer le niveau budgétaire à prévoir, sachant que tout ce qui serait affecté aux Garde-côtes serait enlevé du budget de chaque participant, qui se verrait par ailleurs soulagé d’un certain nombre de missions (après tout, ils se plaignent tous de ne pas avoir les moyens de les remplir correctement…)

Les personnels affectés garderaient les conditions de solde, grade et retraite de leur corps d’origine, mais les nouvelles embauches se feraient directement sous le nouveau statut, qui serait assez similaire à celui des militaires en général, puisque les embauchés seraient des militaires, dépendant du ministère des Armées.

Les préfets maritimes, responsables régionaux, auraient également pour mission  l’affectation des locaux, à prendre sur les nombreux sites pas ou peu utilisés depuis que la Marine a subi –comme d’autres- les contrecoups de la fin du service militaire et des réductions de budget.

Sur le papier, c’est très bien, me direz-vous, mais dans la pratique, ce sera difficile à mettre en œuvre.

Pas d’accord : c’est l’argument en général utilisé quand on veut faire traîner les choses, pour de nombreuses raisons. On multiplie les obstacles à plaisir. C’est bien connu : qui veut noyer son chien l’accuse de la rage !

Mais cependant, quand on veut, on peut :

Souvenons-nous, il y a quelques décennies, quand la Suède a décidé que les véhicules, ayant pourtant déjà la conduite à gauche, circuleraient à droite, comme partout ailleurs sur le continent. Dans le calme, on a mis en place les signaux de l’autre côté de la chaussée, bâchés en attendant le jour J, où on a placé à l’heure dite les bâches de l’autre côté.

Pas de rouspétances, pas d’accidents, tout s’est bien passé. En France, hélas, ce genre de réussite semble impensable.

Mais c’est peut-être parce qu’il s’agissait de suédois, respectueux et disciplinés, alors qu’ici, on commence par dire que c’est impossible, mot bien français, malgré ce que pouvait en penser Napoléon. Mais c’est sans compter sur cette bureaucratie que le monde entier –à défaut de l’envier- nous reconnait…

 

Notre principale force serait-elle celle de l’inertie ? Il appartient aux pouvoirs publics de nous donner la réponse.

 

 

Sébastien d’Aurade

Marinfos

14/12/13

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